Drama Cinéma

Hitokiri Le Châtiment

Hitokiri
Film

Hitokiri Le Châtiment, Critique de la rédaction

Critique rédigée par The Duke le 25 Septembre 2008 (dernière modification le 16 Novembre 2008)
En 1969, en collaboration avec Katsu Prod., société de Shintaro Katsu, célèbre interprète des meilleurs épisodes de la saga « Zatoichi », qu'un certain Takeshi Kitano réactualisera piètrement en 2003, Hideo Gosha réalise « Hitokiri Le Châtiment », oeuvre crépusculaire et glaciale, tirée d'une nouvelle de Ryotaro Shiba.

Quelques mois avant le choc « Goyokin, L'Or du Shogun » (1969) et armé d'un casting 'coup de poing' (Shintaro Katsu, Tatsuya Nakadai, Yûjirô Ishihara, l'écrivain Yukio Mishima), Hideo Gosha allait plonger à pleines mains dans les arcanes d'un pouvoir tentaculaire et défaillant, expression morbide d'un système politique se servant des classes sociales les plus pauvres à des fins criminelles.
Chien de guerre en quête de reconnaissance, le suintant Izo Okada interprété par Shintaro Katsu, habitué aux rôles de sans grades souvent grossier et gras, faisant couler le sang comme personne, se jettera la tête la première dans les manipulations de ses chefs. Incarnation du prolétaire aveugle et soumis, malgré un surdimensionnement de sa force, faisant de lui un combattant hors pair, Okada constituera l'élément le plus fragile d'un édifice social contrôlé par de hautes instances faisant souffler terreur et chaos sur la province de Tosa. Les premiers assauts agissant comme des révélations pour Okada font basculer le spectateur dans un climat désespéré et apocalyptique, baroque et sanguin, fruit de multiples audaces de mise en scène. Les cadres segmentent l'action comme la peau cloisonne les boyaux, mettent en relief la profonde frustration du personnage d'Izo Okada, similaire à l'état mental des bandits fatigués de « La Horde Sauvage » (1969), à bout de souffle, définitivement raillés d'un système dont ils ne sortiront que les deux pieds devant.
Manipulant habilement les contrastes d'un scénario signé Shinobu Hashimoto, émulation parfaite de la lutte des classes, Hideo Gosha fait progresser les points de vue dans un jeu de chat et de souris, sans issue possible. Parfaite antinomie, le héros de la bouleversante trilogie de Masaki Kobayashi, « La Condition de l'Homme » (1959-1961), interprète de Kaji l'idéaliste, Tatsuya Nakadai, dans le rôle de Hampei, chef cadavérique et 'marionnettiste', aristocrate félon et criminel, fomentant derrière des paravents d'abomination, sera l'instigateur de nombreux complots. Absorbé par d'étranges méditations, il s'associera inextricablement aux forces de la désolation et de l'agonie.

Peintre du "Grand Chaos Social", architecte halluciné du 'sang et de la violence', Hideo Gosha aura adroitement illustré les mécanismes d'un système social manipulateur et corrompu. Quarante ans après sa sortie, « Hitokiri Le Châtiment »  reste un somptueux manifeste sur la quête du pouvoir et ses effets sur l'enlaidissement du genre humain.

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Critique rédigée par The Duke le 25 Septembre 2008 (dernière modification le 16 Novembre 2008)
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Notes du chroniqueur :

Scénario
Bande-son
Réalisation
Global
Le chef d'oeuvre aux reflets de sang d'Hideo Gosha.
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